VCT - Histoire de Hùng Kê Quyền
Histoire de "Hùng Kê quyền"
Merci à maître Hùng Mai Huỳnh de l'école Văn Lặng Võ Đường pour le partage de ses connaissances.
Cette histoire est une histoire probable de l'origine de "Hùng Kê quyền". Il n'y a actuellement au Vietnam pas de certitude historique et scientifique, sur l'histoire des quy định (notamment), les recherches étant toujours en cours. Quoi qu'il en soit, cette version est la plus véhiculée au Vietnam.
Vous trouverez également une analyse fine du quy định.
L'origine du "Hùng Kê quyền" :
L'histoire raconta que lorsque les trois frères "Tây Sơn" (Nguyễn Nhạc, Nguyễn Huệ, Nguyễn Lữ), héros valeureux se sont rassemblés à l'occasion de la fête du "Tết", ils assistèrent à un combat de coq, dont l'un était de petite taille. Malgré ce handicap, le petit coq su utiliser sa petite morphologie pour vaincre son adversaire plus fort. S'appuyant sur sa connaissance martial Nguyễn Lữ analysa et créa la leçon "Hùng Kê quyền", appelée aussi en "langue du sud" la boxe du coq.
Aujourd'hui le quyền "Hùng Kê" est renommé dans le monde des arts martiaux. Ainsi la fédération vietnamienne des arts martiaux traditionnels (Liên đoàn võ thuật cổ truyền Việt Nam) l'a intégré dans le programme des quy định officiels en 1993.
Bài thiệu : traduction du poème :
1.Lưỡng kê giao thủ thủy tranh hùng
Deux coqs de combat se jaugent avant l’affrontement
2.Song túc tề phi trảo thượng xung
Les deux pieds décollés, l’ergot s’élève vers le haut
3.Trấn ải kim thương như Bạch Hổ
Telle la pointe d’une lance d’or, se défendre comme un tigre
4.Thủ quan ngân kiếm tựa Thanh Long
Soutenir l’antre du dragon vertueux avec l’épée d’acier
5.Xuyên cung độc tiễn tăng ư trác
Transpercer à coup de bec, telle une flèche
6.Hồi thủ đơn câu thủ tứ hung
Feinter, se retourner puis attaquer l’adversaire
7.Thiểu tẩu vượt trâm thiên sở tứ
S’élancer, esquiver, sauter et surpasser sont les dons du ciel
8.Nhu, cương, cường, nhược tận kỳ trung
Souple, dur, puissant et faible sont les préceptes de la pratique ancestrale
Đặc điểm - Particularités :
Constatant que les arts martiaux chinois ont l'habitude d'étudier et mettre en oeuvre des techniques en se basant sur des animaux comme le tigre, le serpent, la grue, etc…, Nguyễn Lữ a eu l'idée d'étudier les coqs de combat. Suivant cette idée, il a fait combattre deux coqs de tailles différentes, l'un plus petit que l'autre. A la suite de cette expérience, il a mis au point des techniques plus adaptées à la morphologie des vietnamiens. Ainsi la leçon "Hùng Kê quyền" a vu le jour. Le poème de "Hùng Kê quyền" est écrit en vers heptamètre (vers à sept pieds), huitain (poésie composée de huit vers). A travers cette étude Maître Nguyễn Lữ a démontré le caractère et la particularité du coq combattant (gà chọi).
Vers 1 : Lưỡng kê giao nạp thủy tranh hùng (Deux coqs de combat se jaugent avant l’affrontement) :
Depuis toujours, avant de combattre les coqs se jaugent en faisant un tour d'observation. Cette attitude nous enseigne qu'en tant que combattant, nous devons utiliser notre sens d'observation
“nhãn pháp” afin de comprendre l'attitude, le comportement et relever les points forts et faibles de notre adversaire…
Vers 2 : Song túc tề phi trảo thượng xung (Les deux pieds décollés, l’ergot s’élève vers le haut) :
La réalisation de ce saut d'attaque à deux pieds dans la direction de l'adversaire exige que le pratiquant doive s'entraîner à tous les niveaux :
- nhãn pháp (observation),
- thân pháp (déplacement),
- thủ pháp (garde-protection)…
Vers 3 : Trấn ải kim thương như bạch hổ (Telle la pointe d’une lance d’or, se défendre comme un tigre) :
Comme le coq combattant, le pratiquant Tây Sơn doit faire attention à sa défense, sa garde. La tête, le corps, les membres sont des éléments à défendre. Lors du combat le combattant doit se faufiler, esquiver et bloquer avec agilité. Pour obtenir le résultat escompté, le pratiquant doit s'entraîner sur tous ces points :
- thon pháp (déplacement),
- thủ pháp (garde-protection),
- nhãn pháp (observation)
- et le plus important chỉ pháp (pique du doigt).
Dans cette technique, le pratiquant travaille entre autres les techniques de blocage, d'esquive des attaques, il doit utiliser les 10 doigts comme la pointe de lance d'or (kim thương) pour attaquer l'adversaire.
Vers 4 : Thủ quan ngân kiếm tự thanh long (Soutenir l’antre du dragon vertueux avec l’épée d’acier) :
En observant le coq durant le combat, on remarque l'utilisation de ses ailes d'une manière efficace. Les ailes ne servent pas uniquement à maintenir l'équilibre, elles sont utilisées pour bloquer, chasser, masquer et en même temps pour trancher, couper, transpercer l'adversaire tel une épée.
D'une manière identique, les bras du võ sĩ Tây Sơn ne servent pas uniquement pour l'équilibre du corps, ils doivent se servir pour bloquer, chasser, masquer, trancher, couper, transpercer l'adversaire comme une lame d'épée. Comme les techniques “kim kê thượng xí”, “kim kê triển dực”… Ce sont les principes d'utilisation de la paire d'ailes du coq combattant.
Vers 5 : Xuyên hầu độc tiễn tàng ư trác (Transpercer le cou à coup de bec, telle une flèche cachée) :
C'est une technique extrêmement dangereuse que le võ Tây Sơn a tiré à partir de la boxe du coq. En observant le combat des coqs, on remarque que le coq utilise souvent des coups de pattes dans le cou de l'adversaire. Et le võ Tây Sơn applique souvent cette attaque afin de mettre rapidement hors combat l'adversaire. Remarque importante dans la phrase “tàng ư trác” (dissimuler le bec) : dans la situation où les jambes et bras sont verrouillés, voire inutilisables le combattant Tây Sơn doit user de sa bouche pour mordre le cou de l'adversaire.
Vers 6 : Hồi thủ đơn câu thụ tự hung (Feinter, se retourner puis attaquer l’adversaire ) :
On remarque que les coqs combattants, en train d'attaquer, prennent soudainement la fuite. Puis certains se retournent pour contrer et d'autres tournent sur eux-mêmes pour contrer d'un coup. Et lorsque l'adversaire est fatigué, l'autre se met à enchaîner les attaques rapidement. Ce sont les principes de combat du coq combattant. Au début du combat, le pratiquant Tây Sơn doit esquiver toutes les attaques dangereuses, puissantes de la part de l'adversaire d'une manière agile, fluide, combinant déplacement et contre-attaque avec efficacité. Et au moment où l'adversaire s'affaiblit, le combattant Tây Sơn va sortir les techniques de contres et d'attaques localisés sur les points vitaux pour le battre.
Vers 7 : Thiểu, tẩu, dược, trầm, thiên sở tứ (S’élancer, esquiver, sauter et surpasser sont les dons du ciel) :
Dans le principe de cette technique, le combattant Tây Sơn doit travailler :
- le thon pháp (déplacement),
- bộ pháp (position),
- thủ pháp (garde),
- cước pháp (technique de pied)
afin de se déplacer rapidement, sauter rapidement et loin, faufiler, esquiver… dans le but de fatiguer et d'épuiser l'adversaire, pour au final lancer les attaques meurtrières.
Vers 8 : Nhu cương cường nhược tận kỳ trung (Souple, dur, puissant et faible sont les préceptes de la pratique ancestrale) :
Le dernier vers du poème "Hùng Kê quyền" nous renvoie au concept ancestral du võ Tây Sơn :
- la souplesse à la solidité
- la puissance à la faiblesse : dans le "âm" (yin) il y a le "dương" (yang) et vice versa et dans les deux il y a la complémentarité.
C'est la leçon du peu contre le nombre, du faible contre le fort, principes dont nos aïeux ont depuis longtemps tiré ces conclusions.
Source : vo-thuat.net
Mis à jour (Dimanche, 09 Octobre 2011 14:33)




